J'aurais pu aussi choisir Mad World par Gary Jules, ou le thème de Requiem for a Dream. Mais c'était trop déprimant.
Je suis trop naïve. Voilà ce que je dois soigner: Ma crédulité.
Explications:
M., qu'on va appeler... Darko disons, est un de ces types tellement sombres et malsains qu'on ne peut jamais totalement comprendre ses pensées et ses actes. Je ne suis pas très claire, mais je
vais vous expliquer ça par les faits.
Darko, alors que manifestement (ce qui signifie "selon lui") était sur le point de rompre avec sa copine, a décidé de me rappeler alors que je menais une vie paisible sur mon île, à ignorer le
monde entier et particulièrement lui, puisqu'il m'avait déjà foutu quelques tartes dans la tronche quelques mois auparavant. Ou plutôt, j'avais réussi à oublier mon attirance pour lui depuis
quelques semaines, et même oublié qu'il existait.
Il me recontacte donc et commence à mon grand étonnement à me draguer. Par la suite de sa rupture, je me suis prise au jeu. Après tout, j'étais en vacances, à bouquiner et bronzer, et un texto
marrant de temps à autre, c'est assez distrayant. Vous comprendrez donc que non, je ne comptais pas m'enticher d'un type pareil.
Petit à petit, la drague devient plus sérieuse, et après un an d'abstinence, je me suis dit qu'un petit tour à Strasbourg me ferait le plus grand bien (au passage c'est une très jolie ville). Et
au fil des jours, même si je ne crois certainement pas qu'il pourrait me servir de "copain", je m'attache un peu, ou plutôt je le vois comme un peu plus qu'une possibilité de combler un manque
physique. Je lui avoue d'ailleurs au passage (fait important, notez le quelque part).
Ainsi donc, je termine mon mois à l'île de Ré avec un rendez-vous à Strasbourg fixé à la semaine d'après. La semaine passe, les préparatifs du voyage se font presque sans encombre malgré une
grève des TER, ce qui ne me réconcilie pas avec la SNCF...
Le vendredi 15, je monte dans un train direction Stras, soit quand même 5h30 de trajet. Arrivée toute somnolente, je suis Darko dans sa voiture, m'accroche nerveusement à mon siège (espèce de
jeune conducteur) et arrive dans son appart, un bel appart d'étudiant bien pas rangé (presque pire que moi).
Les rapprochements sont timides, mais j'ai quand même droit à une (presque deux) nuit(s) dans les bras d'un mec, ce qui n'était pas du tout pour me déplaire, vu mon manque affectif. Par
contre, les journées sont particulièrement sous le signe de la distance, ce que je mets naïvement sur le compte de sa timidité, quoiqu'il ait lui même impulsé quelques baisers (à noter
également).
Deux jours passent donc, et je repars pour 5h30 de trajet inverse le dimanche après-midi, non sans quelques regrets (et non sans avoir oublié deux ou trois affaires, groumpf).
Le lendemain, trouvant la distance textotique et internétique entre lui et moi assez vertigineuse, je lui indique qu'il n'a pas à s'inquiéter, que je suis très loin d'être réellement entichée de
lui et qu'il n'y a donc aucun malentendu. Ce à quoi il trouve intelligent de répondre "un conseil t'attache pas à moi".
Flash-back : "tiens c'est byzare ça me rappelle V... et C... et Mickey les Yeux Bleus aussi..."
Je traduis pour vous son discours (j'ai pris quelques cours de cette langue étrange pratiquée par les enfoirés et il me semble que celui ci s'y prêtait): "ouais tu dis que t'es pas accrochée mais
t'as pas intérêt, jte signale que c'était juste du sexe alors maintenant va falloir être une gentille fille et me foutre la paix, j'ai une vie trèèès importante et j'ai pas le temps de t'écouter
déblatérer tes trucs de fille chieuse".
Re flash-back orageux dans ma boîte cranienne: "Il a osé, cette enflure m'a balladée" (cf article précédent pour plus de détails). Après je peux être paranoïaque mais là, je suis assez sûre de
mon coup. Ce n'est pas parce que j'ai dit que je ne voulais pas de véritable copain il y a quelques mois que j'étais partante pour un truc uniquement sexuel. A aucun moment il ne m'a dit qu'il
partait sur ça, et à aucun moment il n'a protesté quand j'ai dit que je m'attachais quelque peu.
Je m'énerve donc contre lui, et lui dit qu'il aurait pu au moins me prévenir que c'était un plan Q, et qu'il peut avouer explicitement qu'il ne veut pas de moi (ça m'aide
énormément à passer à autre chose qu'on me le dise clairement donc j'y tenais beaucoup). Ce à quoi il répond que non ce n'était pas un plan Q, qu'il ne veut juste aucun engagement (je
vois pas trop la différence, si quelqu'un peut m'aider...), et que non il ne dira pas qu'il ne veut pas de moi, qu'il ne voit aucune raison de le dire.
Ce dernier refus, catégorique, peut signifier deux choses. En effet, il est à mon humble avis d'un narcissisme démesuré, ainsi le fait que je continue d'avoir un espoir envers lui, et par
conséquent que je continue de m'intéresser à lui, ceci lui plaît énormément. D'autre part, ayant un psychisme assez déconcertant, il peut apprécier de voir quelqu'un souffrir puisqu'il
estime lui même souffrir déjà énormément. Ce dernier point semble mêler d'un certain mépris à l'égard de ma naîveté et de ma simplicité de personnalité. Hé oui, je prétends être soumise à des
passages de déprime et ne pas être franchement toujours très bien dans mes baskets, mais lui! lui est un véritable surhomme, lui sait ce que c'est que de souffrir (vous ressentez le romanesque de
la souffrance là?).
C'est à ce moment là de la discussion d'ailleurs qu'il ajoute un petit topo récapitulatif de sa névrose dépressive, que j'avais déjà bien intégré il y a quelques mois. Pourquoi ce
topo? Mais que vient-il faire dans la discussion concernant un plan Q mal défini au départ? vous demandez vous. Aucune idée, si vous avez des suggestions, je suis preneuse.
Après la colère vient la douleur. Je déprime donc assez profondément à coup de Donnie Darko et autre Requiem For A Dream, enfermée dans le noir, incapable de dormir ou de faire quoique ce soit de
constructif.
Le jour d'après, m'agitant pour faire le ménage de mon appart, j'ai extériorisé un peu tout ça, et réfléchi sur la situation. Ce à quoi j'ai conclu que je m'étais emportée comme toujours un peu
vite et un peu fort, même si j'avais d'excellentes raisons, et qu'au lieu de lui demander perpétuellement les réponses à mes questions sur le pourquoi du comment que ça a pu arriver, j'allais
choisir par moi même mon explication à cette histoire, à savoir "c'était un plan Q, il ne veut pas de moi" (oui c'était prévisible :P), ce qui avait pour but de me permettre de cicatriser et
passer à autre chose.
Je lui fais donc part par texto de ces dernières choses. D'où sa réponse: "t'as un sérieux problème".
Et là j'avoue... que je décroche. J'ai beau essayer d'inventer l'explication, là elle ne me vient pas. Après tout, si je ne suis qu'une "salope", qu'est ce que ça peut lui faire que je pense ça?
Non je dis ça, parce qu'il l'a très mal pris et estime que je n'ai rien à foutre de ce qu'il pense. Ce qui est un peu normal vu qu'il refuse de le dire.
*Entre temps, j'ai eu une folie capillaire et me suis coupée les cheveux: j'ai donc une frange. Oui je sais, c'est risqué une frange, surtout quand on la fait soi
même......*
Par la suite donc, il s'est énervé, a maintenu que j'avais un gros problème, que j'étais barge, et qu'il serait bien que je le laisse en paix (en utilisant un vocabulaire beaucoup plus
coloré).
Ainsi donc, je vais beaucoup mieux, ai arrêté de me poser des questions et suis même dans une phase d'euphorie hyperactive assez étrange. Ca ne signifie pas totalement que j'ai enterré cette
histoire, mais, du moins pour l'instant, je n'y pense plus. Tadaaaa!